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mercredi 21 janvier 2015

Pétition de classement pour la place du Jeu de Balle


Pétitions-Patrimoine, en collaboration avec la Plateforme Marolles, vient de déposer ce 20 janvier auprès de l’administration des Monuments et Sites de la Région bruxelloise une pétition de classement comme site de l’ensemble de l’espace public de la place du Jeu de Balle, ainsi que de plusieurs bâtiments qui s’y trouvent et de l’ancien abri anti-aérien situé dans son sous-sol.

L’annonce récente d’un projet de construction de parking sous la place du Jeu de Balle a permis à de nombreux Bruxellois de découvrir que le retard dans la politique de classement à Bruxelles est tel que, ni cette place, ni les principaux édifices qui la caractérisent ne font l’objet d’une quelconque mesure de protection. Même l’emblématique ancienne caserne des pompiers due à l’architecte Joseph Poelaert ne jouit d’aucune protection à ce jour.

C’est également à cette occasion qu’un explorateur urbain a rendu public un reportage photographique montrant le parfait état de conservation de l’abri anti-aérien se situant sous la place et dont de nombreuses personnes ignoraient jusqu’à l’existence. Il convenait dès lors de combler cette lacune en proposant au classement la place du Jeu de Balle, hôte du Vieux Marché depuis 1873, et des bâtiments et ensembles les plus significatifs qui la caractérisent.

© www.forbidden-places.net
Avec l’aide de Pétitions-Patrimoine et de la Plateforme Marolles, une demande de classement par pétition vient donc d’être remise aux autorités régionales, conformément au Code bruxellois de l’Aménagement du Territoire (CoBAT) qui permet de demander au Gouvernement régional l’ouverture d’une procédure de classement.

La demande introduite concerne :
• L’ensemble de l’espace public de la place du Jeu de Balle, qui a conservé un aspect proche de son état d’origine (notamment grâce à la présence quotidienne du Vieux Marché depuis 1873). Sa simplicité, sa lisière d’arbres et l’uniformité des matériaux de qualité, dont les fameux pavés qui la recouvrent, sont typiques des aménagements publics du XIXe et du début du XXe siècle. Peu de places bruxelloises ont su conserver à ce point ce caractère et/ou leur typologie d’origine.


• L’église paroissiale de l’Immaculée Conception, construite en plusieurs phases entre 1852 et 1870, sur la partie occidentale de la place.


• L’ancienne demeure du sacristain construite en 1862 et huit maisons de style néo-classique datant de 1866, qui font partie du bâti d’origine, jouxtant l’église de part et d’autre et qui permettent, par leurs gabarits réguliers, d’en rendre l’échelle d’autant plus lisible.


• L’ancienne Caserne des pompiers, construite en 1861-1863 selon les plans de l’architecte Joseph Poelaert, qui occupe toute la face orientale de la place.


• L’ancien abri anti-aérien se trouvant dans le sous-sol de la place, probablement aménagé en 1942 dans le cadre de l’organisation générale de la Défense Aérienne Passive, dans une partie des sous-sols des Ateliers du Renard, usine de construction de locomotives démolie au moment de la création de la rue Blaes et de la place du Jeu de Balle. La présence d’inscriptions « défense d’uriner » et « défense de cracher » en français et en néerlandais atteste que le lieu était destiné à la population civile bruxelloise, pour servir de refuge en cas d’attaque aérienne. Il s’agit d’un des rares témoins matériels à Bruxelles du second conflit mondial, la plupart des abris anti-aériens ayant été détruits après la guerre (par exemple : place Fontainas, Porte de Ninove, Théâtre flamand, rue de l’Hôpital sous le tunnel de la Jonction, ou encore l’abri-hôpital de la Porte de Hal relié par un tunnel à l’Institut Bordet).

L’intérêt patrimonial et historique de la place du Jeu de Balle, si caractéristique du Vieux Bruxelles et du folklore populaire bruxellois, est évident aux yeux de nombreux Bruxellois mais est aussi largement reconnu tant en Belgique qu’à l’étranger. Les quelques jours de collecte des signatures, par la réaction du public rencontré, ont permis de réaffirmer cette évidence avec force.

La Plateforme Marolles et Pétitions-Patrimoine attendent maintenant que le Gouvernement régional bruxellois prenne la mesure de classement qui s’impose pour cette place riche en patrimoine architectural, historique, folklorique ou archéologique et si chère aux cœurs des Bruxellois. Pour les associations, riverains et signataires, le classement permettra de garantir un avenir qui tienne pleinement compte de ce patrimoine et tourne définitivement le dos aux pires années de bruxellisation qui ont menacé le quartier des Marolles depuis les projets d’extension du Palais de Justice en passant par les vélléités de démolition de l’ancienne caserne avant sa reconversion.

Vous trouverez ci-joint la notice détaillant l’histoire et l’intérêt patrimonial de la place et des différents éléments concernés par cette demande de classement

dimanche 15 septembre 2013

Un survivant du Quartier Léopold

Face au square Frère-Orban, au 40 rue de l’Industrie, se trouve un bel hôtel de maître de style classique. C'est un des rares bâtiments encore debout représentatif de la première urbanisation du Quartier Léopold, quartier bourgeois construit à partir de 1840 en vue de « l’agrandissement et l’embellissement de Bruxelles ». La grande majorité des bâtiments d’origine du quartier ont étés progressivement démolis, en particulier depuis les années 1950-1960 qui ont entamé sa mutation en zone essentiellement administrative. Aujourd’hui, il accueille la plupart des bureaux des institutions européennes et toute la pression immobilière qui l’accompagne. Dans ce contexte, le bâtiment de la rue de l'Industrie est un « survivant » et, avec une centaine d’autres bâtiments répartis sur Bruxelles et Ixelles, est inscrit à l’inventaire légal du Quartier Léopold. Malheureusement, l’inscription à cet inventaire ne constitue pas, en soi, une protection. Au mieux s’agit-il d’une forme de « sonnette d’alarme » en cas de demande de permis.

L'élégant hôtel de maître au 40 rue de l'Industrie
Selon des riverains (oui, il y a encore des habitants dans le quartier !), l’hôtel de maître posséderait une décoration remarquable et serait même pourvu d’un petit théâtre, lui-aussi remarquable.

Malheureusement, le bâtiment est victime d’un abandon prolongé depuis plusieurs années. Aux dernières nouvelles, il aurait été mis en vente à la mi-2009 mais, depuis lors, il reste vide. Cet état est préoccupant car le manque d’entretien risque d’amener à une détérioration des éléments intérieurs remarquables. Et ce genre de dégradation risque à son tour de déboucher sur une demande de permis d’urbanisme de rénovation « lourde », voire carrément de démolition.

La porte surmontée du balcon. On notera le motif de ferronerie qui se répète aux fenêtres

Vu les qualités indéniables et reconnues de ce bâtiment, Pétitions-Patrimoine a dès lors demandé à la Région bruxelloise d’entamer une procédure de classement du bâtiment. Parallèlement, nous avons demandé à la Ville de Bruxelles de dresser le constat d’abandon afin de mettre en œuvre la taxe sur les immeubles abandonnés, dans l’espoir d’inciter le propriétaire à entretienne à nouveau son bien comme il le mérite et à lui trouver un occupant, meilleur gage d’un entretien continu du bien.

jeudi 9 août 2012

A l'abandon - 06

La série « A l’abandon » a pour but de mettre en lumière certains bâtiments laissés manifestement à l’abandon depuis quelques temps. Il ne s’agit pas spécialement de bâtiments pour lesquels Pétitions-Patrimoine a entrepris une action spécifique, bien que, si c’est le cas, nous l’indiquerons. Il ne s’agit pas non plus toujours de bâtiment faisant l’objet d’une menace directe. Non, il s’agit, ici, de dresser un constat et de se demander pourquoi des bâtiments d’une telle qualité architecturale sont laissés anormalement vides pendant plusieurs mois ou années.

Si vous même, vous connaissez un cas d'immeuble de qualité laissé à l'abandon, n'hésitez pas à nous en faire part. Contactez-nous
 
Rue Lambert Crickx 14 à Anderlecht

Ce bâtiment ouvert à tout vent est situé dans le quartier de Cureghem à Anderlecht et nous a été signalé par une voisine. Il s’agit d’un intéressant petit immeuble à appartement sur rez-de-chaussée commercial. De style éclectique, il incorpore divers éléments Art Nouveau : sgraffites, taille de certaines pierres bleues, petites consoles de corniche. L’intérêt de cet immeuble réside aussi dans le dessin soigné de sa façade qui par ses retraits et divisions met en exergue la verticalité du bâtiment.

L’immeuble date probablement des années 1910, époque où la rue fut tracée à l’emplacement de l’ancienne Ecole Vétérinaire qui déménagea, non loin de là, à l’emplacement qu’on lui connaît actuellement à la bien nommée rue des Vétérinaires. Malheureusement, ce bâtiment remarquable et classé constitue aujourd'hui aussi un beau cas d'abandon, mais c'est une autre histoire...

Le triste état actuel de la façade

L’immeuble semble abandonné depuis plusieurs années mais, à notre connaissance, était encore en bon état avec ses fenêtres intactes à la mi-2009. Il semble donc avoir subi des dégradations relativement récentes et le fait de voir une bonne partie des fenêtres brisées indique un acte de vandalisme délibéré qui risque d’accélérer la ruine du bâtiment. Quoi qu’il en soit, on peut en tout cas craindre que, comme souvent, les boiseries et châssis seront les premiers à souffrir du manque de protection et d’entretien et seront les premiers à être sacrifiés si une rénovation peu réfléchie intervient. Il serait particulièrement dommage de voir disparaître les châssis d’origines dont la fine division des impostes joue un rôle important dans l’esthétique de la façade.

Dans la même série, voir aussi :
A l'abandon - 01 (boulevard Wahis, 35)
A l’abandon - 02 (boulevard Jaspar 102 et 103)
A l’abandon - 03 (chaussée d’Alsemberg 323)
A l'abandon - 04 (rue Paul Devigne 5)
A l’abandon - 05 (chaussée de Wavre 308 – Maison Hap)

jeudi 7 juin 2012

A l'abandon - 04

La série « A l’abandon » a pour but de mettre en lumière certains bâtiments laissés manifestement à l’abandon depuis quelques temps. Il ne s’agit pas spécialement de bâtiments pour lesquels Pétitions-Patrimoine a entrepris une action spécifique, bien que, si c’est le cas, nous l’indiquerons. Il ne s’agit pas non plus toujours de bâtiment faisant l’objet d’une menace directe. Non, il s’agit, ici, de dresser un simple constat et de se demander pourquoi des bâtiments d’une telle qualité architecturale sont laissés anormalement vides pendant plusieurs mois ou années.

Si vous même, vous connaissez un cas d'immeuble de qualité laissé à l'abandon, n'hésitez pas à nous en faire part. Contactez-nous

Rue Paul Devigne 5 à Schaerbeek

Dans la foulée de notre précédent article, voici un nouvel exemple d’une belle maison de ville laissée à l’abandon. Nous sommes au n° 5 de la rue Paul Devigne à Schaerbeek où nous trouvons une maison Art Nouveau qui ne manque pas de caractère. Sa simple façade cimentée sur soubassement de pierre bleue est rehaussée de beaux éléments typiquement Art Nouveau. On remarquera aussi particulièrement sa fenestration variée, les ferronneries de son balcon et le dessin subtil et soigné de l’ensemble de ses boiseries (portes et fenêtres). La maison est due à l’architecte Bartholeyns. Ce dernier ne nous est connu que pour l’ensemble de maisons éclectiques mêlant les styles Beaux-Art et Art Déco construites en 1923 à l’angle des rues Van Hammée 53 à 61 et Albert De Latour 56 à 64 à Schaerbeek.

Une maison arrivée intact jusqu'à nous

La maison est abandonnée depuis deux ou trois ans. Nous espérons qu’il s’agit ici d’une situation qui ne perdurera plus trop longtemps. Toutefois, face à ce type de patrimoine arrivé intact jusqu’à nous, il faut toujours craindre que sa « reprise en main » par un nouveau propriétaire ne s’apparente à un dur réveil traumatisant (voir le cas du 4, av. Rogier) et qu’une rénovation intempestive vienne mettre à mal les châssis et boiseries qui font tout l’intérêt de cette maison.

Dans la même série, voir aussi :
A l'abandon - 01 (boulevard Wahis, 35)
A l'abandon - 02 (boulevard Jaspar 102 et 103)
A l'abandon - 03 (chaussée d’Alsemberg 323)

A l'abandon - 03

La série « A l’abandon » a pour but de mettre en lumière certains bâtiments laissés manifestement à l’abandon depuis quelques temps. Il ne s’agit pas spécialement de bâtiments pour lesquels Pétitions-Patrimoine a entrepris une action spécifique, bien que, si c’est le cas, nous l’indiquerons. Il ne s’agit pas non plus toujours de bâtiment faisant l’objet d’une menace directe. Non, il s’agit, ici, de dresser un simple constat et de se demander pourquoi des bâtiments d’une telle qualité architecturale sont laissés anormalement vides pendant plusieurs mois ou années.



Si vous même, vous connaissez un cas d'immeuble de qualité laissé à l'abandon, n'hésitez pas à nous en faire part. Contactez-nous

Chaussée d’Alsemberg 323 à Forest

Pour cette troisième étape de notre série « A l'abandon », nous nous retrouvons à Forest, au 323 chaussée d’Alsemberg, pas loin de la place Albert. Nous y trouvons une jolie maison de ville datant probablement du début du XXe siècle. Son style emprunte quelques éléments Art Nouveau (corniche, jeu de briques colorées), mêlés à des éléments plus pittoresques comme le soubassement en moellons.


A l'abandon depuis plus de dix ans

La maison est abandonnée depuis plus d’une dizaine d’années et, malheureusement, commence à souffrir de la situation : les ferronneries du balcon ont disparues, des traces d’infiltrations sont visibles sur la façade, des plantes prennent racines et l’ensemble des boiseries devraient être repeintes au plus vite.

Le garde-corps du balcon a disparu et diverses dégradations apparaissent

Récemment, des barrières Nadar ont été posées devant la maison et la porte d’entrée a été grossièrement renforcée.

Porte d'entrée

Le dessin de corniche ne manque pas de cachet

Dans la même série, voir aussi :

A l'abandon - 01 (boulevard Wahis, 35)
A l’abandon - 02 (boulevard Jaspar 102 et 103)

mercredi 2 mai 2012

Errare humanum est, perseverare diabolicum

Ce vendredi 4 mai 2012, se tiendra à Schaerbeek la troisième Commission de concertation consacrée au projet immobilier visant les 17-19-21 rue Goossens. Cette nouvelle demande de permis menace encore une fois de détruire les qualités patrimoniales de l’ancienne salle de spectacle en intérieur d’îlot (salle Vermeulen), en la divisant horizontalement et verticalement en logements. Pire encore que les précédentes demandes, le projet actuel vise également la démolition de l’intéressante maison à front de la rue Goossens (n° 19).

Au 19, rue Goossens, cette maison est maintenant aussi menacée de démolition

Bis repetita ou jamais deux sans trois ont envie d’écrire les associations et les riverains largement mobilisés contre le projet. Malgré deux refus, en mai et en décembre 2011, le promoteur CASCAD revient avec une demande ignorant à nouveau les qualités patrimoniales du bâti existant. Les deux refus de permis précédents furent pourtant motivés, entre autres, par l’inadéquation de l’affectation en logement de l’ancienne salle de théâtre qui est inscrite comme « équipement d'intérêt collectif » dans le Plan Régional d'Affectation du Sol (PRAS - prescriptions 8.1 et 8.2). A l’exception de la Commune de Schaerbeek, les membres de la Commission de concertation, suivant en cela l'avis de la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS), demandaient aussi de prévoir une affectation qui préserve les qualités patrimoniales de cette salle de spectacle remarquable datant de 1889. Manifestement, ces demandes ne sont pas rencontrées par la nouvelle demande de permis.

Diviser la salle en plusieurs unités de logement (mal éclairés) la dénaturerait complètement.


Suite aux menaces repousées des deux premiers projets, Pétitions-Patrimoine avec l’aide des riverains et d’Inter-Environnement Bruxelles avait activé la procédure de demande de classement par pétition. Cette démarche a été couronnée par un large succès et la pétition a été déposée le 17 février 2012 par Pétitions-Patrimoine (voir notre article du 20/02/12). A ce stade, cette demande officielle de classement oblige la Région bruxelloise a prendre l'avis de la CRMS, établir un rapport et à prendre une décision sur cette demande de classement dans les trois mois de la réception officielle, ce qui n'a pas encore été fait. Nous demandons donc aux autorités de suspendre l'instruction de la nouvelle demande de permis jusqu'à cette décision régionale.

Les associations et les habitants du quartier réitèrent donc leur demande à la Région bruxelloise de classer cette salle remarquable et à la Commune de Schaerbeek d’aider à la perpétuation de cet équipement collectif au service d’un quartier qui en a bien besoin.

lundi 12 décembre 2011

Encore une villa uccloise condamnée

En septembre dernier passait devant la Commission de concertation d’Uccle une demande de permis visant à démolir la villa sise au 1421 chaussée de Waterloo. Or cette petite villa du fond de Uccle constitue à nos yeux un témoin précieux de la première urbanisation de ce quartier. Construite au début du XXe siècle, elle est représentative du style des premières villas suburbaines qui ont été construites au pourtour de Bruxelles et des noyaux villageois plus anciens des communes, comme Uccle, encore largement agricoles à cette époque. En découle un style éclectique inspiré par le pittoresque campagnard comme en témoigne la toiture en pignon de la villa. Pour des raisons historiques, il nous paraît dès lors essentiel de préserver ce témoin du début de la mutation urbaine d’Uccle d’une entité villageoise et rurale vers la commune résidentielle intégrée à l’ensemble urbain bruxellois qu’elle est devenue actuellement.

Outre ses qualités historiques, la maison, par son dessin de façade soigné, présente d’indéniables qualités esthétiques. En particulier, on remarquera l’usage intéressant et subtil de la brique, associée à quelques éléments de pierre bleue, qui rythment la façade d’éléments horizontaux et en tempèrent l’austérité. Des éléments plus pittoresques comme le soubassement en moellons, les petites consoles de gouttières en bois, l’escalier de l’entrée principale ou le traitement en berceau des fenêtres s’y ajoutent pour conférer à cette villa une architecture subtile et raffinée. Pour Pétitions-Patrimpoine, cette maison pourrait répondre sans problème à un programme résidentiel de qualité. Nous nous sommes donc opposés à sa démolition lors de l’enquête publique.

Le 1421 chaussée de Waterloo, en attendant la démolition

Hélas, la Commission de concertation a remis un avis favorable au projet de reconstruction plus massif demandé. Il faut ainsi faire une fois de plus le constat qu’à Bruxelles le patrimoine non protégé ou moins remarquable mais significatif est l’éternel laissé pour compte face à des demandes de démolitions. Rien qu’à Uccle, commune qui subit une certaine pression immobilière, alors qu’on avait réussi à sauver de justesse les villas Pelseneer et Cohen dans les années 1990, ces dernières années ont, par exemple, vu disparaître la villa Firwood (Thomas Jasinski, 1909), la belle maison de style Eclectique du 299, avenue Brugmann ou la Maison Adamantidis construite par Jacques Dupuis en 1962 au 57, avenue Blucher.

Pour mémoire, la villa Firwood de style néo-Tudor, aujourd'hui démolie

dimanche 11 décembre 2011

Il faut protéger l’ancien théâtre rue Goossens

Une ancienne salle de théâtre (Salle Vermeulen), située en intérieur d’îlot au 19-21 rue Goossens à Schaerbeek, vient de faire l’objet d’une demande de permis pour la transformer en logements. Ce projet vise à diviser horizontalement et verticalement la salle pour en faire cinq lofts. Hélas, ce projet risque de dénaturer complètement ce bâtiment extrêmement intéressant. Construite par la Société de Saint Vincent de Paul et inaugurée en 1898, la salle Vermeulen est comparable dans sa structure, sa conception et son esthétique aux halles Saint-Géry. La plupart des éléments décoratifs ainsi que des châssis sont conservés. L’intérêt patrimonial du bâtiment tient également dans la volumétrie de son impressionnant espace intérieur. La préservation de ce dernier parait difficilement compatible avec une affectation et une divisions en appartements.

La structure métallique de la toiture avec ses fenêtres permettant l'éclairage de la salle enchâssée en intérieur d'îlot

Vue générale de la salle
Détail de la structure métallique

Depuis plus de 120 ans, la salle Vermeulen a servi d’équipement collectif : théâtre, salle de fête, école de devoirs, bibliothèque, salle de sport… Lors de la réunion de la Commission de concertation, Pétitions-Patrimoine, l’ARAU, IEB ainsi que de nombreux riverains ont demandé le maintien de son affectation publique, dans un quartier qui en a bien besoin, ainsi que la valorisation des qualités patrimoniales de l’immeuble. La Commission de Concertation s’est réunie le 2 décembre et a heureusement remis un avis largement défavorable au projet, à l’exception notable de l’avis minoritaire de la Commune de Schaerbeek.

Il s’agit de la seconde demande de transformation de la salle en moins d’un an, une première demande de permis de même nature ayant été rejetée en juin dernier. Dès lors, afin d’orienter définitivement la ré-affectation de cette salle remarquable vers un projet qui ne dénature pas son intérêt patrimonial, Pétitions-Patrimoine a décidé de demander au gouvernement bruxellois une mesure de protection pour ce bâtiment.