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mardi 5 juin 2018

Pétitions-Patrimoine met fin à ses activités

C’est non sans regrets, mais avec une certaine lucidité, que les membres de Pétitions-Patrimoine ont décidé de dissoudre leur asbl. L’association avait été créée en 1993, suite à la démolition d’une maison Art Nouveau classée, le 120, avenue de Tervueren. Le combat pour la remise en place de sa façade démontée est aujourd’hui gagné. Autre dossier phare défendu par Pétitions-Patrimoine, les ateliers Citroën viennent d’être inaugurés comme musée d’art moderne Kanal - centre Pompidou. Il est intéressant de rappeler qu’en 1996, Pétitions-Patrimoine était seule en Commission de concertation à défendre ce bâtiment emblématique contre un projet de démolition pure et simple. Une pétition de classement, introduite en 2000 avec le Bral, est restée d’ailleurs jusqu’aujourd’hui lettre morte, même si, à l’époque, la législation sur le patrimoine obligeait le gouvernement à entamer une procédure de classement.

Au cours de ses 25 ans d'existence, ce sont des centaines d’avis que l'association aura produits, des participations aux Commissions de concertations, des communiqués de presse et des actions médiatiques réussies : les Presses Socialistes (rue des Sables), le Palais du Vin (rue des Tanneurs), la maison-atelier Cortvriendt (rue de Nancy), la villa Coene (av. Jean et Pierre Carsoel)… des dossiers qui ont, à un moment donné, basculé vers un classement, une rénovation respectueuse… Par contre, au fil du temps, les échecs, comme la disparition de l’îlot Drapiers-Chevaliers-Toison d’Or, la destruction des anciens entrepôts Delhaize (Art Nouveau, quai des péniches) pour faire place à la tour Upsite, ou des usines Godin (quai des Usines) pour faire place à un centre commercial, tous soutenus par les pouvoirs publics, sont devenus plus nombreux.

 
Menacée de démolition, la villa Coene, av. J. et P. Carsoel est sauvée - © BUP

L’absence de prise en compte des pétitions de classement prévues par l’ordonnance régionale de 1993 sur le patrimoine et, depuis 2009, la révision de cette législation qui leur a ôté toute portée contraignante explique en partie la démotivation des citoyens qui se sont investis bénévolement dans l’association. Lors de la révision du CoBAT de 2009, la prise en compte de ces pétitions par la Région a été rendue facultative. Pétitions-Patrimoine avait alors tiré la sonnette d’alarme mais avait décidé de continuer à lancer des pétitions, en particulier lorsqu’elles étaient soutenues par une forte mobilisation locale d’habitants, comme ce fut le cas pour la salle Vermeulen à Schaerbeek ou la place du Jeu de Balle dans les Marolles. Malheureusement, il fallu constater que ces actions n’ont pas été très fructueuses et que ces pétitions furent, pour l’essentiel, rejetées par la Région.

Pétitions-Patrimoine constate d’ailleurs que de fil en aiguille, la Région revoit ses outils planologiques (PRAS, CoBAT…), pour entériner la dérogation par défaut, comme récemment avec les nouveaux PAD, les « Plans d’Aménagement Directeurs » qui permettent de déroger à toute autre législation. Pour Pétitions-Patrimoine c’est un signe de plus que la Région prend le parti du développement immobilier à tout crin au détriment de ses habitants et du patrimoine.

L'arrêt de Pétitions-Patrimoine n'est donc pas le signe que le patrimoine bruxellois n'est plus menacé, loin de là. On constate d’ailleurs une recrudescence inquiétante de projets de façadisme brutal, comme sur la chaussée d’Ixelles (63, ancien immeuble du à Ernest Delune), ou encore sur l’îlot Solvay. Pétitions-Patrimoine peut donc ressortir sa vieille formule des années 1990 : « le façadisme est à la protection du patrimoine ce que la taxidermie est à la protection animale ».


Les anciens bureaux Solvay, aujourd'hui façadisés - © BUP

Pétitions-Patrimoine fait aussi le constat qu’il devient de plus en plus difficile d’agir contre des projets d’ampleur, soutenus par les pouvoirs publics. La participation et la concertation fonctionnent mal et, face à de gros projets, quels que soit la pertinence des arguments légaux ou patrimoniaux avancés, il devient extrêmement difficile de se faire entendre. Les permis sont délivrés malgré tout et il ne reste plus que les recours au Conseil d’Etat, longs et onéreux, qui pourraient permettre d’avoir gain de cause. Il y a là un glissement regrettable et décourageant du débat public sur le développement de la ville.

Pour les administrateurs de Pétitions-Patrimoine, il y a au final le constat qu’il est devenu difficile pour des bénévoles de mener une activité de défense du patrimoine ambitieuse, car mobilisant de plus en plus de ressources, notamment en temps. Pour espérer mener à bien des actions de sauvegarde fructueuses sur le long terme, il faudrait prendre le parti de professionnaliser l’association… mais cela en changerait trop profondément la nature.

Alors que Pétitions-Patrimoine met la clé sous la porte, ses membres espèrent que d’autres citoyens reprendront le flambeau, avec d’autres moyens ou types d’actions, parce que la destruction du patrimoine reste une menace sérieuse pesant sur notre ville.

vendredi 13 mars 2015

Une villa Dewin à classer

Le comité de quartier Quartier Meunier a récemment lancé une campagne « NotreHistoire » afin de soutenir le classement d'une Villa Art Déco de l'architecte Jean-Baptiste Dewin et de son jardin, située rue Meyerbeer 29-33 à Forest.

Façade à rue de la villa - photo ancienne

En décembre 2014, la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS) a proposé de classer cette villa de 1925 et son jardin en raison de leur intérêt historique et esthétique. La villa est dans un état de conservation exceptionnel et forme avec son jardin un ensemble magnifique. Le Ministre-Président Rudi Vervoort et les autres membres du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale doivent décider dans quelques jours s'ils entament ou non la procédure de classement.


Vue depuis le jardin

La villa et l'immense jardin qui l'entoure ont été récemment achetés par un promoteur qui compte bâtir sur ce terrain un très grand complexe d'appartements, isolant complètement la maison de son environnement d'origine. C'est donc le moment d'agir pour garantir la préservation de ce patrimoine bâti et naturel exceptionnel.

Pour mieux comprendre l'intérêt de protéger ce patrimoine, visitez le site www.notrehistoire.be

Comment soutenir l'action du comité Quartier Meunier ?

- Signez la pétition : https://www.lapetition.be/en-ligne/Classement-d-une-villa-Dewin-et-son-jardin-appel-au-gouvernement-Vervoort-15515.html
- Envoyez un courrier au Ministre-Président Rudi Vervoort et aux autres membres du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale (lettre type sur le site)
- Diffusez la pétition et le site www.notrehistoire.be auprès de vos amis et réseaux (Facebook Notre histoire)

dimanche 15 septembre 2013

Un survivant du Quartier Léopold

Face au square Frère-Orban, au 40 rue de l’Industrie, se trouve un bel hôtel de maître de style classique. C'est un des rares bâtiments encore debout représentatif de la première urbanisation du Quartier Léopold, quartier bourgeois construit à partir de 1840 en vue de « l’agrandissement et l’embellissement de Bruxelles ». La grande majorité des bâtiments d’origine du quartier ont étés progressivement démolis, en particulier depuis les années 1950-1960 qui ont entamé sa mutation en zone essentiellement administrative. Aujourd’hui, il accueille la plupart des bureaux des institutions européennes et toute la pression immobilière qui l’accompagne. Dans ce contexte, le bâtiment de la rue de l'Industrie est un « survivant » et, avec une centaine d’autres bâtiments répartis sur Bruxelles et Ixelles, est inscrit à l’inventaire légal du Quartier Léopold. Malheureusement, l’inscription à cet inventaire ne constitue pas, en soi, une protection. Au mieux s’agit-il d’une forme de « sonnette d’alarme » en cas de demande de permis.

L'élégant hôtel de maître au 40 rue de l'Industrie
Selon des riverains (oui, il y a encore des habitants dans le quartier !), l’hôtel de maître posséderait une décoration remarquable et serait même pourvu d’un petit théâtre, lui-aussi remarquable.

Malheureusement, le bâtiment est victime d’un abandon prolongé depuis plusieurs années. Aux dernières nouvelles, il aurait été mis en vente à la mi-2009 mais, depuis lors, il reste vide. Cet état est préoccupant car le manque d’entretien risque d’amener à une détérioration des éléments intérieurs remarquables. Et ce genre de dégradation risque à son tour de déboucher sur une demande de permis d’urbanisme de rénovation « lourde », voire carrément de démolition.

La porte surmontée du balcon. On notera le motif de ferronerie qui se répète aux fenêtres

Vu les qualités indéniables et reconnues de ce bâtiment, Pétitions-Patrimoine a dès lors demandé à la Région bruxelloise d’entamer une procédure de classement du bâtiment. Parallèlement, nous avons demandé à la Ville de Bruxelles de dresser le constat d’abandon afin de mettre en œuvre la taxe sur les immeubles abandonnés, dans l’espoir d’inciter le propriétaire à entretienne à nouveau son bien comme il le mérite et à lui trouver un occupant, meilleur gage d’un entretien continu du bien.

samedi 1 juin 2013

La pétition pour les prisons est déposée

Ca y est : la demande de classement par pétition des deux grandes prisons bruxelloises a été déposée auprès de l’administration il y a peu. Nous vous remercions pour vos signatures et les efforts fournis pour leur collecte.

Avec ce dépôt, nous voulons mettre l’enjeu patrimonial sur la table des décideurs bruxellois avant toute décision relative aux nouveaux projets sur le site. Pour ne pas faire un remake de la saga Music City à Tour & Taxis.

Rappelons que le double complexe carcéral de St-Gilles (construit en 1878-1884) et de Forest (construit en 1901-1910) a une valeur exceptionnelle et unique en Europe. Le déménagement des prisonniers vers la nouvelle prison de Haren (prévue pour 2016) laisse planer le doute sur l’avenir de ce site et de son riche patrimoine.

A Saint-Gilles, l'entrée de la prison marque le paysage

Notons que l’intérêt des sites va donc bien au-delà des châtelets d’entrée de la prison de St-Gilles dont le gouvernement bruxellois vient d’entamer, ce 7 mars 2013, la procédure de classement. Notre demande vient donc à point pour compléter la protection patrimoniale de l’ensemble. En réponse à une question parlementaire, Charles Picqué reconnaissait d’ailleurs « ne pouvoir imaginer que le classement se limitera à ce qui est en cours de procédure, c’est à dire l’entrée principale » (question d’Alain Maron en commission de l’aménagement du territoire, le 20 mars 2013).

Une partie de la structure remarquable du noyau centrale de la prison de St-Gilles

Pour Pétitions-Patrimoine, il est nécessaire que des décisions soient rapidement prises, en vue  d’une protection large du patrimoine de ces sites. En effet, le déménagement des prisons et la ré-affectation des sites concernés recèlent des intérêts financiers gigantesques. Par ailleurs, il est très probable que les différents acteurs impliqués (Communes, Région, Etat fédéral...) n’aient pas des intérêts convergents. Dès lors, de nombreuses décisions risquent de se prendre dans la précipitation et d’échapper au débat public. Il paraît nécessaire d’éviter un scénario à la Tour & Taxis dans les années 1990, où certains politiques s’étaient déclarés favorables au projet de Music City sans tenir compte de l’exceptionnel patrimoine du site, ce qui a englué le dossier pendant des années. Pour éviter un semblable fiasco, l’étude patrimoniale du site doit être faite avant toute décision d’affectation et de construction, ceci de façon indépendante. Ensuite, le classement des éléments de valeur permettra de fixer un cadre juridiquement solide pour la définition des affectations et des projets qui devront s’y conformer.

Aujourd’hui, une vision urbanistique moderne doit voir le patrimoine exceptionnel des prisons comme une aubaine pour le développement et la mise en valeur de ces sites.

Partout, le soin du détail (prison de Forest)


dimanche 17 février 2013

Pétition pour les prisons de Forest et St-Gilles

Note : La pétition est cloturée et a été déposée à l'administration. Il n'est plus nécessaire de nous renvoyer des signatures. Merci pour votre aide.

Avec le déménagement prévu des prisons de Saint-Gilles et Forest à Haren, cela fait quelques temps que nous nous inquiétons du sort des bâtiments de ces deux prisons historiques une fois le transfert des détenus effectué. Notre inquiétude est d’autant plus grande que les déclarations des responsables politiques ne sont pas très claires à ce sujet. Va-t-on tenter de valoriser les terrains au maximum en faisant à peu près table rase des bâtiments ? Ou bien une véritable réflexion sur l’intérêt, la protection et la ré-affectation de ce patrimoine va-t-elle avoir lieu préalablement ?

L’échéance du transfert des détenus n’est pas proche vu que le projet de construction de la prison de Haren est encore au stade de la définition du programme. Cependant, l’absence de débat public ou d’annonce sur l’avenir des prisons historiques de St-Gilles (construite en 1878-1884) et Forest (construite en 1901-1910) est plutôt inquiétant. Va-t-on une fois de plus mettre la charrue avant les bœufs et vendre les bâtiments et voir des appels à projets apparaître avant qu’une simple étude du patrimoine présent ait même eu lieu ?

Pour palier à cela, Pétitions-Patrimoine a décidé de lancer une pétition de classement pour le site des deux prisons de St-Gilles et Forest.

L'intérêt des prisons

L'entrée de la prison de St-Gilles (carte postale ancienne)

Du point de vue architectural et urbain, force est de constater la valeur exceptionnelle du double complexe carcéral de Saint Gilles (1878-1884) et  de Forest (1901-1910). Notons tout d’abord que l’enfilade des deux prisons, prévue dès le départ par Victor Besme au sein de son Plan d’ensemble pour l’extension et l’embellissement de l’agglomération bruxelloise (1866) constitue un cas d’école unique en Europe. La vétusté et l’impopularité de l’ensemble joue hélas en sa défaveur et en occulte les valeurs intrinsèques. La qualité est pourtant réellement au rendez-vous  et ne se limite pas qu’aux seuls « châtelets d’entrée ».  Loin de là. Comme bon nombre d’édifices érigés au XIXe siècle, les architectes Joseph Jonas Dumont, François Derré (St-Gilles) et Bouckaert (Forest) se sont appliqués à donner à leur projet une véritable cohérence d’ensemble. Evoquant l’architecture religieuse ou militaire tardo-médiévale, un style gothique de pierre, de fer et de verre, accompagne quiconque pénètre dans les prisons depuis l’entrée jusqu’au cœur des édifices. Une véritable scénographie architecturale, subtile et savante associe l’esthétique et la symbolique à la modernité et l’efficacité du programme.

Vue sur la partie centrale de la prison de St-Gilles

Chacun des deux complexes adopte un plan rayonnant : cinq branches à St Gilles, quatre à Forest. Ce plan caractéristique du système cellulaire s’inspire de principes développés par d’imminents criminologues anglais et américains de l’époque et dont la prison de Pentonville en Angleterre constituait l’archétype. Au centre du complexe St-Gillois, la plus grande prison du pays, trône l’imposante chapelle. Celle-ci, implantée sur le point le plus haut de la commune, est exceptionnelle tant par ses proportions et ses volumes que par son plan centré particulier.


La prison de Forest

A Forest la chapelle occupe aussi le centre de la prison. Un très bel éventail de grandes fenêtres ogivales marque également son emplacement à la réunion des cinq ailes, au cœur de l’édifice. Si le portail massif de St Gilles fait référence au style Tudor d’origine anglaise, vingt ans plus tard l’architecte Bouckaert préféra s’inspirer de l’architecture brabançonne pour l’élévation des élégantes façades de la prison de Forest. Cet ensemble, qui fait penser, à s’y méprendre, à un beau manoir du XVIe siècle, et malgré qu’il ne profite pas du même dégagement que la façade de la prison de St Gilles, n’en est pas moins plastiquement très abouti.

L'intérieur de la chapelle de la prison de Forest conserve des éléments de grande qualité

Vue aérienne du centre de la prison de Forest (© 2013 BLOM © 2013 Microsoft Corporation)

Pourquoi classer ?

Sans doute y a-t-il sur ces sites des bâtiments et aménagements plus récents qu’il ne faudrait pas maintenir mais, faute d’accès facile derrière les murs (on comprend pourquoi), il est difficile de se faire une idée précise de ce qui vaut la peine d’être conservé et de ce qui pourrait disparaître.

C’est justement pour avoir cet inventaire et étude précise du patrimoine intéressant des sites que nous lançons cette pétition. Pour que le débat sur la qualité et le maintien de ce vaste patrimoine soit ouvert et public. En effet, depuis la modification du CoBAT en 2009, la portée de la pétition de classement a été largement réduite, la Région n’ayant plus aucune obligation d’ouvrir une procédure de classement. L’expérience récente de la salle Vermeulen est là pour le confirmer. Toutefois, dans le cas présent, la pétition garde l’intérêt d’obliger à ce que la CRMS rende un avis sur la demande de classement et, donc, sur l’intérêt du patrimoine présent. Une étude de ce patrimoine devra donc avoir lieu et pourra être rendue publique. De plus, le Gouvernement régional devra aussi se prononcer publiquement sur le classement. Il y aura donc un débat qui pourra être rendu publique sur la manière dont l’autorité régionale compte prendre en compte le patrimoine sur ces sites, ceci, avant qu’ils soient vidés.

Signer et faire signer la pétition

La feuille de pétition au format PDF est téléchargeable en cliquant ici

Les instructions pour la remplir se trouvent en page 2 du document. Rappelons qu’il est impossible de réaliser une pétition conforme au CoBAT par voie électronique (pas de signature en ligne). Dès lors, il faut impérativement imprimer les feuilles de pétition, les faire remplir à la main et nous les renvoyer avant la fin mars à :

Pétitions-Patrimoine
Rue du Marteau 19
1000 Bruxelles


Merci d’avance pour vos efforts.

jeudi 13 septembre 2012

Pétition de classement : la fin des illusions

En déposant notre pétition de classement pour l’ancienne salle de spectacle Vermeulen à Schaerbeek, nous étions confiants : le bâtiment est rare et remarquable, la mobilisation des habitants importante et l’enjeu économique du projet qui le menaçait initialement était faible (5 appartements). La Région bruxelloise aurait ainsi pu montrer à peu de frais qu’elle reste à l’écoute des demandes citoyennes. Il n’en fut rien, la Région refuse le classement et accorde au promoteur le droit de transformer et morceler l’ancienne salle de spectacle. Le projet est passé le vendredi 7 septembre en concertation à Schaerbeek.


Le 17 février 2012, Pétitions-Patrimoine déposait le dossier complet de demande de classement de l’ancienne salle de spectacle André Vermeulen au 19 de la rue Goossens à Schaerbeek. Parmi les documents, la demande officielle par pétition de près de 450 bruxellois remplies selon les termes légaux du CoBAT (nom, prénoms, adresse, n° de carte d’identité, adresse, date de naissance). Ce nombre important est le résultat d’une forte mobilisation des habitants du quartier qui tiennent à ce patrimoine exceptionnel.

En effet, la salle Vermeulen fait réellement partie de l’histoire du quartier Colignon. Ce bâtiment fut construit en 1889 par la société de Saint Vincent de Paul dans un but social, de loisirs et de festivités. Cela pour aider les jeunes et spécialement les plus démunis. Des initiatives vont voir le jour, qui aujourd’hui, nous paraissent tout à fait normales mais qui étaient révolutionnaires pour leur époque, comme, par exemple, en 1897 la création d’une caisse d’épargne. La salle possède également un intérêt esthétique au vu de son architecture et de ses décorations mais aussi un intérêt technique car ce fut un des tout premiers bâtiments bruxellois éclairés au gaz.

Les experts de la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS) furent donc enthousiastes pour soutenir la demande de classement en y donnant un avis positif solidement motivé.

A l’origine de la mobilisation des habitants et association pour la défense de la salle était un projet immobilier la dénaturant en la divisant en 5 appartements. Ce projet avait d’ailleurs été par deux fois rejeté en Commission de concertation, en juin et novembre 2011. La pétition de classement avait dès lors pour but d’éviter qu’un nouveau projet, à nouveau à peine amendé, ne soit remis sur la table et que le classement permette d’orienter une fois pour toute une rénovation de la salle qui prenne en compte ses qualités historiques. En acceptant le classement, le gouvernement bruxellois aurait pu montrer son attachement à préserver un patrimoine intéressant, soutenu par la population du quartier et ceci sans qu’il y ait un enjeu économique colossal attaché à sa préservation. Pourtant, le 19 juillet 2012, en réponse à la pétition de classement et malgré l’avis favorable de la CRMS, le gouvernement bruxellois décidait de ne pas classer la salle Vermeulen.

Dès lors, on se demande à quoi peut bien encore servir le recours à une pétition de classement légale ? Il y a déjà longtemps que le gouvernement refusait d’accorder le classement par pétition d’immeubles ou sites soumis à la pression de gros projets immobiliers (Heron sur l’avenue de la Toison d’Or, ateliers Citroën sur la place de l’Yser, anciens entrepôts Delhaize sur le quai des Péniches, usines Godin au quai de l’Industrie, etc.). Il faut en conclure que, maintenant, ce sont aussi les micro-projets immobiliers qui deviennent intouchables.

Suite à la dernière réforme du CoBAT (Code Bruxellois de l'Aménagement du Territoire) qui en avait réduit la portée légale en 2009, nous avions déjà dénoncé le fait qu’en l’absence de volonté politique du gouvernement, la pétition de classement citoyenne serait réduite à un écran de fumée juridique. Nous n’avions pourtant pas voulu céder au pessimisme et au procès d’intention. Hélas, aujourd’hui, ce cas exemplaire démontre que cette triste prédiction se révèle la réalité.

jeudi 17 mai 2012

Suspens rue Goossens

La Commission de concertation, réunie le 4 mai dernier, a reporté son avis sur la dernière demande de permis de transformation de la salle Vermeulen (rue Goossens 17-19, voir ci-dessous). L’examen de ce dossier a été reporté à une date encore indéterminée. En effet, l’instruction de la demande de permis est suspendue en raison de notre demande de classement par pétition du « petit théâtre » a été déposée au mois de février (pétition déposée par Pétitions-Patrimoine et soutenue par IEB).
L’instruction reprendra lorsque le Gouvernement notifiera sa décision, d’entamer ou non, une procédure de classement du bien. Le suspens reste entier mais, au moins, comme nous l’avions demandé à la Commission de concertation, les choses sont faites dans l’ordre. A suivre donc…

mercredi 2 mai 2012

Errare humanum est, perseverare diabolicum

Ce vendredi 4 mai 2012, se tiendra à Schaerbeek la troisième Commission de concertation consacrée au projet immobilier visant les 17-19-21 rue Goossens. Cette nouvelle demande de permis menace encore une fois de détruire les qualités patrimoniales de l’ancienne salle de spectacle en intérieur d’îlot (salle Vermeulen), en la divisant horizontalement et verticalement en logements. Pire encore que les précédentes demandes, le projet actuel vise également la démolition de l’intéressante maison à front de la rue Goossens (n° 19).

Au 19, rue Goossens, cette maison est maintenant aussi menacée de démolition

Bis repetita ou jamais deux sans trois ont envie d’écrire les associations et les riverains largement mobilisés contre le projet. Malgré deux refus, en mai et en décembre 2011, le promoteur CASCAD revient avec une demande ignorant à nouveau les qualités patrimoniales du bâti existant. Les deux refus de permis précédents furent pourtant motivés, entre autres, par l’inadéquation de l’affectation en logement de l’ancienne salle de théâtre qui est inscrite comme « équipement d'intérêt collectif » dans le Plan Régional d'Affectation du Sol (PRAS - prescriptions 8.1 et 8.2). A l’exception de la Commune de Schaerbeek, les membres de la Commission de concertation, suivant en cela l'avis de la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS), demandaient aussi de prévoir une affectation qui préserve les qualités patrimoniales de cette salle de spectacle remarquable datant de 1889. Manifestement, ces demandes ne sont pas rencontrées par la nouvelle demande de permis.

Diviser la salle en plusieurs unités de logement (mal éclairés) la dénaturerait complètement.


Suite aux menaces repousées des deux premiers projets, Pétitions-Patrimoine avec l’aide des riverains et d’Inter-Environnement Bruxelles avait activé la procédure de demande de classement par pétition. Cette démarche a été couronnée par un large succès et la pétition a été déposée le 17 février 2012 par Pétitions-Patrimoine (voir notre article du 20/02/12). A ce stade, cette demande officielle de classement oblige la Région bruxelloise a prendre l'avis de la CRMS, établir un rapport et à prendre une décision sur cette demande de classement dans les trois mois de la réception officielle, ce qui n'a pas encore été fait. Nous demandons donc aux autorités de suspendre l'instruction de la nouvelle demande de permis jusqu'à cette décision régionale.

Les associations et les habitants du quartier réitèrent donc leur demande à la Région bruxelloise de classer cette salle remarquable et à la Commune de Schaerbeek d’aider à la perpétuation de cet équipement collectif au service d’un quartier qui en a bien besoin.

dimanche 18 mars 2012

Dur réveil pour une maison Art Nouveau

Au n° 4 de l’avenue Rogier se trouve une maison de maître Art Nouveau d’inspiration classique due à l’architecte Gabriel Charle. On doit aussi à ce dernier l’intérieur de la Maison Communale de St-Josse, la maison du peintre Lemmens au 74-76 de la rue de la Réforme à Ixelles ainsi qu’une splendide maison de rapport au n° 2 de la rue des Petits Carmes.

La maison avant travaux

Restée, telle une Belle au Bois Dormant, dans un état de semi-abandon pendant plusieurs années, la maison de l’avenue Rogier a survécu jusqu’à nos jours sans modification extérieure ni intérieure importante. Malheureusement, suite à un récent changement de propriétaire fin 2011, les châssis du dernier étage ont été remplacés par du PVC. Nous craignons dès lors le pire pour les reste des boiseries de la façade dont la superbe porte d'entrée et l'imposant. Des blocs Ytong étant apparus sur le trottoir, nous nous inquiétons aussi de modifications intérieures conséquentes qui pourraient intervenir sans permis et mettre à mal les éléments d'intérêt que contient la maison.

Cette situation illustre bien quelques problématiques bruxelloises : le manque de protection pour beaucoup de bâtiments de grande qualité patrimoniale, la méconnaissance par nombre de propriétaires de la valeur architecturale de leur bien (manque d’inventaire, de reconnaissance et d’éducation au patrimoine), une politique peu discriminante incitant au remplacement systématique des châssis anciens pour des raisons énergétiques.

Vu la qualité remarquable de la maison de l’avenue Rogier, nous avons écrit à M. Charles Picqué, Ministre en charge des Monuments et Sites afin de demander l’ouverture urgente d’une procédure de classement. Parallèlement, nous avons écrit à la Commune de Schaerbeek afin d’appuyer cette demande et de vérifier si un permis avait été demandé pour les transformations le nécessitant.

La réponse de la Commune de Schaerbeek nous informe que son service de l’urbanisme était déjà descendu sur les lieux pour faire arrêter les changements de châssis illégaux et placer les scellés sur les travaux entamés sans les autorisations requises. On peut donc s’attendre à ce qu’une demande de permis de régularisation soit déposée bientôt.

De son côté, M. Picqué nous a répondu, en date du 8 février que notre demande a été transmise à l’administration et qu’il ne manquerait pas de nous tenir informé du suivi. Depuis, nous n’avons plus eu de nouvelle… Il serait pourtant utile d’agir sans tarder si l’on veut que l’ouverture d’une procédure de classement intervienne suffisamment en aval d’une demande de permis. En effet, cette mesure, prise rapidement, permettrait de guider et aider le propriétaire à mettre en œuvre une rénovation plus respectueuse de cet élément important du patrimoine architectural régional.

lundi 20 février 2012

Salle Vermeulen : la pétition est déposée

Dans notre précédent article, nous vous invitions à nous aider à obtenir le nombre de signatures nécessaires au dépôt d'une demande de classement par pétition de la salle Vermeulen, située au 17 de la rue Goossens à Schaerbeek. Le nombre de signatures nécessaires a été largement atteint et, vendredi dernier, Pétitions-Patrimoine a déposé à la Direction des Monuments et des Sites (administration régionale) la demande de classement par pétition de la salle Vermeulen. Ce bâtiment, situé entièrement en intérieur d’îlot, date de la fin du XIXe siècle. Il s’agit d’une grande halle comparable aux halles St-Géry. La pétition de classement a été réalisée avec le soutien de Inter-Environnement Bruxelles (IEB) et du comité de quartier Comité Colignon. Les associations déplorent aussi la disparition de cet important équipement collectif puisque cette salle abritait une bibliothèque et une école de devoirs jusqu’à ce que le nouveau propriétaire mette fin à cette occupation en 2009. La salle est menacée par un projet de transformation en lofts qui la dénaturerait complètement.


La salle Vermeulen fait partie de l’histoire du quartier Colignon. Ce bâtiment fut construit en 1889 par la société de Saint-Vincent de Paul dans un but social, de loisirs et de festivités. Cela pour aider les jeunes et particulièrement les plus démunis. Ce bâtiment a été le témoin de la fantastique fécondité et créativité sociale qu’a connu la Belgique et Schaerbeek en particulier aux XIXe et XXe siècles. Des initiatives vont voir le jour, qui aujourd’hui, nous paraissent tout à fait normales mais qui étaient révolutionnaires pour leur époque. Par exemple, en 1897 y est créée une caisse d’épargne. Les lieux virent la mise en place d’une symphonie, d’une section d'art dramatique, d’une section de gymnastique, d’une mutuelle, d’une chorale, d’un « cercle de famille », etc. Tout cela avant la première guerre mondiale. Plus tard, parmi de nombreux événements historiques importants qui eurent pour cadre la salle Vermeulen, nous pointons, en 1952, la première représentation de chant de Jacques Brel et, en 1956, l’appel solennel de Joseph Cardijn pour la solidarité avec l’Amérique du Sud.

La salle possède un intérêt esthétique au vu de son architecture et de ses décorations mais aussi un intérêt technique. Ce fut notamment un des tout premiers bâtiments bruxellois éclairés au gaz.

Le Comité Colignon s’est fortement impliqué dans la recherche des signatures pour la pétition de classement. En effet, si la demande de permis pour la transformation en « lofts » de luxe est inacceptable du point de vue patrimonial, le comité défend aussi la salle en tant qu’équipement collectif très utile dans ce quartier. Avant que le nouveau propriétaire mette fin à cette occupation, la salle était jusqu’il y a peu occupée par une bibliothèque ainsi qu’une école de devoirs. Elle servait aussi de salle de sports ou de représentations pour les jeunes du quartier. Le quartier a besoin de ce type d’équipement, soulignent de nombreux signataires.

Inter-Environnement Bruxelles remarque d’ailleurs que le changement d’affectation d’un équipement en logement tel que le demande le promoteur n’est pas autorisé par le PRAS (prescriptions 8.1 et 8.2) et est donc illégal. En effet, les seuls logements autorisés en zone d’équipement doivent être le complément usuel de ce dernier (un logement de gardien ou de concierge par exemple).

Les deux demandes de permis de transformations en « lofts » ayant été, à juste titre, rejetées, les associations demandent maintenant à la Région bruxelloise de classer ce bâtiment remarquable et à la Commune de Schaerbeek d’aider à la perpétuation de cet équipement collectif au service d’un quartier qui en a bien besoin.

dimanche 25 décembre 2011

Pétition de classement pour la Salle Vermeulen



Note : La pétition est aujourd'hui cloturée et déposée (voir ici). Il n'est désormais plus nécessaire de nous renvoyer des signatures. Merci pour votre aide.

Dans cet article, nous attirions votre attention sur l'ancienne salle de théâtre (Salle Vermeulen) située en intérieur d’îlot au 17 rue Goossens à Schaerbeek. Un projet de transformation en lofts, passé deux fois en Commission de concertation, menace ce bâtiment remarquable datant de 1889. La dernière Commission de concertation du 2 décembre dernier a heureusement remis un avis défavorable au projet, à l’exception notable de la Commune de Schaerbeek. Il s’agit de la seconde demande de transformation de la salle en moins d’un an.
A cette occasion la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS) a remis un avis défavorable à la transformation de la salle Vermeulen. Une copie de cet avis est disponible en cliquant ici.

Dès lors, afin d’orienter définitivement la ré-affectation de cette salle remarquable vers un projet qui ne dénature pas son intérêt patrimonial, il est nécessaire qu'elle soit protégée. Avec le soutien de l'ARAU, BruxellesFabriques et IEB, Pétitions-Patrimoine a décidé de demander le classement de l’ancien théâtre par une pétition officielle.

Bien qu'il existe des formules de pétitions en ligne, nous sommes obligé de vous faire remplir un formulaire papier car il s’agit de la procédure nécessaire pour que la pétition ait un caractère officiel et que le Gouvernement bruxellois en tienne compte. Alors, si vous désirez nous aider à sauver ce bâtiment, imprimez, remplissez et faites remplir le formulaire de pétition (en suivant les instructions sur sa deuxième page) et renvoyez-le nous par la poste d’ici la fin du mois de janvier à :
Pétitions-Patrimoine, rue du Marteau 19, 1000 Bruxelles.

Merci d'avance pour vos efforts.

Quelques aspects de la Salle Vermeulen :








dimanche 11 décembre 2011

Il faut protéger l’ancien théâtre rue Goossens

Une ancienne salle de théâtre (Salle Vermeulen), située en intérieur d’îlot au 19-21 rue Goossens à Schaerbeek, vient de faire l’objet d’une demande de permis pour la transformer en logements. Ce projet vise à diviser horizontalement et verticalement la salle pour en faire cinq lofts. Hélas, ce projet risque de dénaturer complètement ce bâtiment extrêmement intéressant. Construite par la Société de Saint Vincent de Paul et inaugurée en 1898, la salle Vermeulen est comparable dans sa structure, sa conception et son esthétique aux halles Saint-Géry. La plupart des éléments décoratifs ainsi que des châssis sont conservés. L’intérêt patrimonial du bâtiment tient également dans la volumétrie de son impressionnant espace intérieur. La préservation de ce dernier parait difficilement compatible avec une affectation et une divisions en appartements.

La structure métallique de la toiture avec ses fenêtres permettant l'éclairage de la salle enchâssée en intérieur d'îlot

Vue générale de la salle
Détail de la structure métallique

Depuis plus de 120 ans, la salle Vermeulen a servi d’équipement collectif : théâtre, salle de fête, école de devoirs, bibliothèque, salle de sport… Lors de la réunion de la Commission de concertation, Pétitions-Patrimoine, l’ARAU, IEB ainsi que de nombreux riverains ont demandé le maintien de son affectation publique, dans un quartier qui en a bien besoin, ainsi que la valorisation des qualités patrimoniales de l’immeuble. La Commission de Concertation s’est réunie le 2 décembre et a heureusement remis un avis largement défavorable au projet, à l’exception notable de l’avis minoritaire de la Commune de Schaerbeek.

Il s’agit de la seconde demande de transformation de la salle en moins d’un an, une première demande de permis de même nature ayant été rejetée en juin dernier. Dès lors, afin d’orienter définitivement la ré-affectation de cette salle remarquable vers un projet qui ne dénature pas son intérêt patrimonial, Pétitions-Patrimoine a décidé de demander au gouvernement bruxellois une mesure de protection pour ce bâtiment.

mardi 29 novembre 2011

Préservons l'intégrité de l'immeuble CBR

Pétitions-Patrimoine est préoccupée par le sort de l’immeuble CBR au 185 chaussée de la Hulpe. Il s’agit d’une œuvre très importante d’un point de vue technique et esthétique pour Bruxelles mais aussi pour la Belgique. Cet immeuble si particulier et reconnaissable a été construit en 1967-1970, sous la houlette de l’architecte Constantin Brodzki en collaboration avec Marcel Lambrichs. Il possède une façade unique entièrement réalisée en éléments de béton moulés. Il jouit aujourd’hui d’une large reconnaissance, est cité dans de nombreuses publications et a été sélectionné par le Musée d’Art Moderne de New-York (MoMA) pour son exposition Transformation in Modern Architecture, 1960-1980. Outre sa façade unique, un des intérêts de l’immeuble est qu’il a été conçu pour un client spécifique, de façon globale jusqu’au dessin de chaque meuble et de chaque accessoire.



Il nous a malheureusement été rapporté que l’intérieur du bâtiment qui a pourtant été rénové avec attention par Constantin Brodzki lui-même dans les années 1990, a récemment subi des altérations et que plusieurs meubles d’origines, dessinés par Jules Wabbes spécialement pour ce lieu, ont été enlevés. Nous craignons dès lors que, faute d’une gestion attentive et conforme à l’intérêt architectural et historique de l’immeuble, celui-ci ne subisse une lente dégradation de ce qui fait son intérêt.

Dès lors, nous avons interrogé les experts membres de la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS) s’ils possèdent des informations concernant la gestion de ce lieu ? Le propriétaire a-t-il fait une demande d’aide en ce sens à la CRMS ?

Mais surtout, dans un souci d’anticipation d’autres modifications malheureuses, nous avons soulevé la question de savoir s’il ne serait pas temps d’envisager le classement de ce chef d’œuvre global ? Un classement aujourd’hui intègrera la rénovation de qualité effectuée dans les années 1990 par Constantin Brodzki (petite visite ici). Il s’agirait de s’assurer ainsi qu’une rénovation future sera encore aussi respectueuse des qualités de l’immeuble et de préserver les éléments d’origine significatifs de sa conception originelle.